Selon le Vedanta, le cerveau ne produit absolument pas la conscience ; il n’est qu’un médium, un instrument ou un récepteur à travers lequel une Conscience préexistante et indépendante se manifeste.
La science moderne et les philosophies matérialistes (appelées Cārvāka dans l’antiquité indienne) considèrent que la matière est la réalité fondamentale et que la conscience n’est qu’un épiphénomène, un sous-produit généré par l’activité électrique et neurologique du cerveau. Selon cette vision, lorsque le cerveau meurt, la conscience est définitivement détruite.
Le Vedanta réfute vigoureusement cette idée et avance plusieurs arguments logiques (Yukti) pour prouver sa propre version :
1. La matière est incapable de créer ce qui n’est pas matériel
Le cerveau, aussi complexe soit-il, est fait de matière (les cinq éléments physiques). Le Vedanta souligne que la matière est par nature inerte et insentiente (jaḍa). Une combinaison d’éléments inertes ne peut pas magiquement générer un principe spirituel non-matériel. Les maîtres du Vedanta argumentent que si la matière pouvait réellement produire la conscience, les scientifiques auraient déjà été capables de synthétiser la conscience en laboratoire depuis longtemps. La conscience n’est donc ni une partie, ni un produit, ni une propriété du cerveau.
2. La preuve par le « Sujet » et « l’Objet » (Dṛk-Dṛśya Viveka)
Une loi fondamentale du Vedanta est que « le Sujet connaisseur est toujours différent de l’Objet connu ». Les scientifiques étudient le cerveau, les neurones et les cellules, ce qui signifie que le cerveau est un objet d’observation. Celui qui observe et étudie ces neurones est la Conscience (le Sujet). Puisque le cerveau est l’entité observée, il ne peut pas être lui-même le Sujet observateur. L’erreur de la science est de fouiller la matière pour y trouver la conscience, alors que la conscience est ce qui permet même d’effectuer cette fouille.
3. L’analogie du récepteur (L’ampoule et l’électricité)
Pour prouver que le cerveau n’est qu’un transmetteur, le Vedanta utilise l’analogie de l’électricité. L’ampoule ne « fabrique » pas l’électricité ; elle ne fait que capter une électricité invisible et la manifester sous forme de lumière visible. De même, le cerveau « attrape » la Conscience et la manifeste. Lorsque le filament de l’ampoule se brise, la lumière disparaît. Un scientifique matérialiste conclurait que l’électricité est morte. Le Vedanta, lui, explique que l’électricité est toujours là, mais que le médium de manifestation (l’ampoule/le cerveau) est détruit, rendant la présence de l’électricité indétectable. L’apparition du cerveau ne marque pas la naissance de la conscience, mais simplement le début de sa manifestation.
4. L’analogie de la lumière dans l’espace
Le Vedanta donne une autre preuve par l’expérience : imaginez une lumière éclairant l’espace vide. Si vous placez votre main dans cet espace, la lumière devient soudainement visible sur votre main. La main ne produit pas la lumière, elle ne fait que la révéler. Si vous retirez la main, la lumière redevient invisible, mais elle n’est pas détruite pour autant. De la même façon, la Conscience omniprésente devient « expérimentable » uniquement lorsqu’elle entre en contact avec l’instrument qu’est le cerveau et le corps.
En résumé, le Vedanta établit 5 lois absolues concernant la Conscience :
- Elle n’est ni une partie, ni un produit, ni une propriété du cerveau.
- Elle est une entité indépendante qui imprègne et anime le cerveau/corps.
- Elle n’est pas limitée par la taille ou les frontières du cerveau.
- Elle continue d’exister éternellement même après la mort et la désintégration du cerveau.
- Sans le cerveau pour lui servir de récepteur, cette Conscience survivante n’est simplement plus reconnaissable ou disponible pour interagir avec le monde.